Du bois nu à la lumière
Vingt-huit étapes, toujours dans le même ordre. Bientôt, une animation vous les fera traverser ; en attendant, les voici une à une.
- Chapitre 1
Préparer la planche
On colle d’abord sur le bois une toile de lin. Viennent ensuite au moins douze couches de levkas, un enduit de craie et de colle animale, poncé jusqu’à devenir lisse comme l’ivoire. Son nom vient du grec leukos, « blanc » : ce fond est déjà la lumière. Dans l’icône, la lumière ne vient pas d’une lampe ou d’une fenêtre ; elle rayonne de l’intérieur de l’image, et c’est sur elle que l’icône sera écrite.
Le sensLe bois représente l’arbre de vie et la stabilité. Le levkas blanc symbolise la lumière divine, la pureté et la base spirituelle sur laquelle l’icône sera créée ; la toile de lin symbolise le saint suaire du Christ.
- 1La planche de bois vierge
- 2La toile de lin, encollée et marouflée
- 3Les couches de levkas, jusqu’à un fond très blanc
- 4Le ponçage, jusqu’à une surface lisse comme un miroir mat
- Chapitre 2
Le dessin
Le dessin suit les proportions et les modèles transmis par la tradition. Il est ensuite gravé dans le levkas : le trait entre dans l’éternité.
Le sensLe dessin symbolise l’ordre divin et la création de l’univers.
- 5L’esquisse au trait, sans les ombres
- 6La gravure des traits
- 7Les traits repassés au pinceau en terre de Sienne, puis les ombres au même ton dilué
- Chapitre 3
L’or
L’or n’est pas un décor. La feuille d’or 23 carats est posée sur le bol, puis brunie jusqu’à briller.
Le sensL’or symbolise la lumière divine, l’éternité et la présence de Dieu. Le fond doré rappelle que les saints vivent dans la lumière céleste.
- 8Le bol, couleur brique, en plusieurs couches
- 9Le ponçage du bol
- 10La pose des feuilles d’or sur le fond
- 11Le tracé des auréoles d’un trait fin rouge
- 12Le brunissage de l’or, à l’intérieur des auréoles
- Chapitre 4
Les vêtements
Les pigments naturels, liés au jaune d’œuf, sont posés du sombre vers le clair.
Le sensL’œuf symbolise la vie primaire ; cette progression des ténèbres à la lumière reflète le chemin spirituel de l’âme vers Dieu.
- 13Les fonds des vêtements, dans leurs couleurs sombres et opaques
- 14Le proplasme, brun-vert, sur les carnations
- 15La première passe de lumière dans les plis
- 16La deuxième et la troisième passe d’éclaircissement
- 17Les festons de l’habit de Marie et ses étoiles, en peinture d’or
- Chapitre 5
Le visage et la lumière
Les visages et les mains viennent en dernier, comme l’homme au dernier jour de la Création.
- 18Les yeux : l’iris, la pupille, le blanc
- 19La bouche
- 20Le bandeau bleu, sous le voile de Marie
- 21Les éclaircissements du voile
- 22Les traits du visage, en terre d’ombre brûlée
- 23Un premier glacis d’ocre jaune, transparent
- 24Un second glacis, orangé, sur les parties plus claires
- 25Les dernières lumières, et les traits blancs
- Chapitre 6
L’achèvement
Viennent enfin le nom, le cadre et le vernis ; l’icône peut alors être bénie.
Le sensLe nom inscrit consacre l’image et affirme qu’elle représente une réalité spirituelle, et non simplement une figure humaine. Le vernis protège et fait briller l’image, symbolisant la gloire divine. La bénédiction transforme l’icône en objet sacré, prêt à être vénéré.
- 26L’écriture des noms
- 27Le cadre, rouge foncé
- 28Le vernis de protection

